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L'association est membre de la Coordination Verte et Bleue et adhérente d'Eau et Rivières de Bretagne

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Publié par Baie de Douarnenez Environnement (BDZE)

Avis de l’association Baie de DouarneneZ Environnement au commissaire de l’enquête publique concernant les travaux de restauration de zones humides et des cours d’eau dans le cadre du contrat territorial des bassins versants du territoire du SAGE de la baie de Douarnenez.

Un rapport des Nations Unies présenté le 2 février 2013 durant la journée mondiale des zones humides confirme leur disparition continue depuis 1900. Bien que la prise de conscience de leur valeur inestimable soit déjà ancienne, elles ont encore diminué de 6 % depuis 15 ans.

Nous sommes satisfaits de voir qu’enfin un diagnostic a été fait et qu’une dynamique est enclenchée pour redonner vie aux cours d’eau et à leurs berges. Nous nous permettons de vous faire part de quelques orientations qui sont insuffisamment prises en compte dans le rapport pour l’enquête et qui sont des priorités pour notre association.

Mieux répertorier les cours d’eaux et les zones humides détruites

L’inventaire des zones humides permet de répertorier certaines des zones busées ou détruites par comblements et constructions. Nous aurions souhaité que les plans fassent apparaitre de façon beaucoup plus claire les anciennes  zones humides, même quand, selon l’avis général, une réhabilitation n’est plus possible. A Douarnenez, par exemple, la zone humide du parc  Scheffer a été comblée récemment et cela n’est pas sans incidence sur les ruisseaux côtiers qui arrivent vers la plage Saint Jean. Douarnenez, comme beaucoup de ville côtières s’est étendue en supprimant la quasi-totalité de ses zones humides et en busant presque toutes ses rivières. Maintenant que l’on sait qu’au préjudice esthétique s’ajoute un lourd préjudice écologique, il serait bon de visualiser sur les cartes ces zones humides disparues. Pour les terres agricoles, on pourrait résumer les 50 dernières années comme étant celle de la disparition des talus, du bocage, et des zones humides au profit d’une agriculture qui vise une productivité et une rentabilité à court terme et commence à peine à comprendre que les qualités écologiques du milieu sont un atout et non un obstacle pour l’avenir.

Ne plus poursuivre l’artificialisation des milieux

Si l’on compare les sommes allouées aux différentes mesures, deux d’entre elles représentent plus de 80 % des dépenses : la renaturation du lit avec des granulats et la restauration de ce lit. Ce sont des interventions lourdes qui continuent dans le sens d’une artificialisation que les entreprises de travaux publiques sont habituées à réaliser. Nous regrettons qu’il y ait un tel déséquilibre dans les dépenses et que l’enlèvement des buses, des embâcles (1665 euros prévus….), les plantations et l’entretien ne bénéficient pas de financement au moins à parité avec les interventions plus lourdes.

Favoriser la vie sauvage et la biodiversité

Les zones humides sont des richesses qui profitent à tous (vie sauvage, biodiversité, qualité de l’eau, beauté des paysages…) mais qui coûtent plus qu’elles ne rapportent à leurs propriétaires. D’où l’insistance du rapport sur les possibilités de rentabiliser ces espaces : bois de la ripisylve, bovins durant certaines périodes. Il est amusant de lire que les races bovines autochtones pourraient pâturer sur ces zones pour l’obtention d’un "produit de qualité à forte typicité". Rappelons que ce type de pâturage est interdit dans les zones de protection de captage des eaux.  Nous insistons au contraire sur la nécessité de respecter au maximum l’aspect naturel de ces zones et l’exploitation économique doit être l’exception et non la règle. La présence d’animaux d’élevage peut être dommageable et doit être très encadrée Les prairies permanentes qui ont quasiment disparu représentaient il y a 50 ans plus de la moitié des terres agricoles : pour faire des productions de qualité à forte typicité il y a, en dehors des zones humides, un fort potentiel de reconquête !

Donner la priorité aux rivières en mauvais état écologique

Nous prendrons l’exemple de la rivière du Lapic. En mauvais état écologique, avec une continuité qualifiée de très mauvaise, et un état morphologique moyen, elle a un taux de nitrate souvent supérieur à 50 mg/l et arrive dans l’anse de Tréfeuntec, haut lieu de la prolifération des algues vertes. Sa conformité avec la Directive Cadre sur l’Eau est reportée à 2027 ! Pourtant les efforts pour réhabiliter ce cours d’eau seront bien moins importants que pour le Kerharo qui est dans un état écologique moins alarmant.

Accompagner les propriétaires privés et publics

Plus de 15 pages en fin de rapport pour rappeler aux propriétaires leurs responsabilités. En effet, ce sont bien les carences des propriétaires qui sont à l’origine de l’état actuel des rivières et zones humides. Mais l’on voit mal comment l’attitude de ces propriétaires changerait sans une incitation forte et un accompagnement de la puissance publique. Le rappel de la loi et des décrets dans le rapport ne suffira pas ! Les zones humides sont une richesse qui profite à tous (vie sauvage, biodiversité, qualité de l’eau, beauté des paysages…), mais pour leurs propriétaires, elles représentent plutôt une contrainte sans un apport financier compensatoire. Si une partie importante des financements n’est pas orientée en ce sens, le risque est grand de voir les propriétaires refuser les interventions, et pire, continuer à assécher ces zones pour les rendre exploitables. La puissance publique aura d’autant plus de mal à faire les rappels à l’ordre nécessaires qu’aujourd’hui encore, dans villes et villages, les extensions urbaines font souvent fi des «précieuses» zones humides (à titre d’exemple, la zone Intermarché de Douarnenez qui vient de s’installer sur une zone humide).

Nous conclurons en espérant qu’en 2015, demain, c’est l’ensemble du périmètre du SAGE qui  sera concerné.

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